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Posté le 12 novembre 2017 par troissous dans Non classé

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Ce n’est que vers la fin du 16e siècle que la peinture à l’huile a pris le pas sur la tempera à l’œuf pour devenir le principal médium de la Renaissance. La tempera tomba alors dans l’oubli. Les rares peintres qui continuent aujourd’hui à travailler à la tempera sont des peintres d’icônes. Ils développent une méthode de travail efficace, mais dans laquelle l’exploration du médium et la créativité ne sont pas forcément encouragées. La peinture d’icônes est malheureusement souvent perçue aujourd’hui comme le seul usage possible de la tempera à l’œuf.
Les peintres de notre époque étant très peu nombreux à employer la tempera, on observe donc que les erreurs d’utilisation des néophytes ne bénéficient pas de « correcteurs » expérimentés.
De plus, l’essor des peintures industrielles induit forcément une perte d’habitude d’utiliser des matériaux bruts (et aussi une perte des connaissances).
Il n’existe pas de marché pour le médium au jaune d’œuf (il est impossible de mettre en tube), il n’y donc quasiment pas de recherches industrielles sur ce matériau (en tout cas rien de comparable à la peinture à l’huile !).
La tempera était utilisée dans l’Egypte Ancienne
On en trouve a première trace identifiable sur un portrait de momie, peinte probablement par un artiste gréco-romain vers le 4e siècle (soit l’Antiquité classique et pas l’Egypte Ancienne). Ces peintres détrempaient leurs pigments avec différents liants aqueux comme la gomme arabique, les colles animales ou la caséine. Les musées identifient simplement ces peinture comme des « tempera » ce qui empêche de connaître précisément leur liant. Il est tentant de présumer que les peintres de l’Egypte Ancienne travaillaient au jaune d’œuf, mais nous n’en avons aucune preuve définitive.
La tempera à l’œuf était le principal médium de la Renaissance
En effet, et parallèlement à la fresque, la tempera à l’œuf a été un médium principal de la Renaissance, mais seulement pour une période très courte. Elle a prédominé pendant l’époque médiévale ainsi que pendant les premières décades du 15e siècle en Italie. En Europe du Nord, cependant, la peinture à l’huile, qui était utilisée sporadiquement pendant le Moyen Age, était un médium très largement utilisé et maîtrisé dès les années 1420 (comme démontré par Campin, Van der Weyden et Van Eyck). La technique de l’huile et son esthétique voyagèrent alors rapidement du nord au sud, et dès les années 1440 de nombreux peintres Renaissants travaillèrent à l’huile. Vers 1500 et la Haute ReRenaissance (Michel-Ange, da Vinci, Raphael), la tempera à l’œuf était quasiment obsolète.

La tempera était utilisée dans l’Egypte Ancienne
On en trouve a première trace identifiable sur un portrait de momie, peinte probablement par un artiste gréco-romain vers le 4e siècle (soit l’Antiquité classique et pas l’Egypte Ancienne). Ces peintres détrempaient leurs pigments avec différents liants aqueux comme la gomme arabique, les colles animales ou la caséine. Les musées identifient simplement ces peinture comme des « tempera » ce qui empêche de connaître précisément leur liant. Il est tentant de présumer que les peintres de l’Egypte Ancienne travaillaient au jaune d’œuf, mais nous n’en avons aucune preuve définitive.
La tempera à l’œuf était le principal médium de la Renaissance
En effet, et parallèlement à la fresque, la tempera à l’œuf a été un médium principal de la Renaissance, mais seulement pour une période très courte. Elle a prédominé pendant l’époque médiévale ainsi que pendant les premières décades du 15e siècle en Italie. En Europe du Nord, cependant, la peinture à l’huile, qui était utilisée sporadiquement pendant le Moyen Age, était un médium très largement utilisé et maîtrisé dès les années 1420 (comme démontré par Campin, Van der Weyden et Van Eyck). La technique de l’huile et son esthétique voyagèrent alors rapidement du nord au sud, et dès les années 1440 de nombreux peintres Renaissants travaillèrent à l’huile. Vers 1500 et la Haute Renaissance (Michel-Ange, da Vinci, Raphael), la tempera à l’œuf était quasiment obsolète.
A propos d’ESTHETIQUE
Les peintures à la tempera sont de tonalité claire
Dans une peinture de tonalité claire, les valeurs moyennes à claires sont prédominantes. De nombreuses œuvres du début de la Renaissance sont de tonalité claire, mais cela à plus à voir avec l’esthétique médiévale qu’avec la tempera à l’œuf. Si l’on utilise principalement des pigments de valeur moyennes à sombres, la peinture résultante (quelque soit le médium) sera sombre et non claire.
Trois autres facteurs contribuent à cette idée que les tempera sont inévitablement claires :
• Une tempera non vernie ne fonce pas avec le temps comme le font les huiles et leurs vernis. Les valeurs claires d’une tempera restent donc plus lumineuses que leur équivalent à l’huile.
• Les couleurs foncées d’une tempera non vernie n’ont pas une valeur aussi sombre que les mêmes teintes à l’huile.
• Puisque la tempera est appliquée en très fines couches, elle a moins de pouvoir couvrant et d’opacité que l’huile en pâte, et pour remédier à cela, certains peintres ajoutent du pigment blanc à toutes leurs couleurs, ce qui résulte en un éclaircissement général.Malgré ces facteurs, il est possible de peindre à la tempera avec des valeurs moyennes à foncées et créer ainsi une peinture à dominante sombre.
Il est impossible d’obtenir des noirs profonds avec la tempera à l’œuf
Etant donné la fluidité du médium et la luminosité du gesso blanc qui constitue la préparation d’une tempera, il faut de nombreuses couches pour construire une riche couleur sombre – mais cela peut être fait, et sans beaucoup de difficultés. Les valeurs foncées à la tempera semblent moins saturées que leurs équivalents à l’huile à cause de l’index de valeur réfractive (RIV) et du volume de concentration en pigment (PVC) de chacun des médiums. Toutefois, si vous vernissez une tempera à l’œuf, les couleurs sombres apparaîtront aussi profondes et saturées qu’à l’huile.
Les tempera à l’œuf ont une tonalité plus froide que les peintures à l’huile
C’est un autre exemple d’une esthétique du début de la Renaissance qui préférait une atmosphère plus froide, plus éthérée et moins terrestre. Il est vrai aussi que les tempera non vernies ne jaunissent pas avec le temps et gardent donc des tons froids, contrairement aux huiles et vernis qui, en vieillissant, prennent une dominante jaune.
On ne peut pas rendre le volume avec de la tempera
L’impression tridimensionnelle est réalisée grâce aux jeux d’ombre et de lumière. Plus il y a de gradations dans les ombres (claires dans les lumières, foncées dans les ombres), plus les volumes apparaissent. Ces effets sont possibles avec la tempera à l’œuf.Cependant, ils sont sans doute plus facile à réaliser à l’huile. Les ombres profondes vont sembler plus foncées à l’huile (voir point n°1). L’huile peut être travaillée en pâte, ce qui crée des rehauts intenses (contrairement à la tempera qui est appliquée en fines couches). Il est plus facile de faire les transitions d’une valeur à l’autre à la peinture à l’huile puisqu’il est possible de les mélanger physiquement (alors que les coups de pinceau à la tempera ne peuvent pas être repris, le mélange est optique grâce à l’accumulation de couches transparentes). Mais tout cela ne signifie pas que la tempera empêche tout effet de volume, seulement que cet effet peut être rendu plus facilement et est un peu plus accentué à l’huile.
On ne peut pas peindre en clair-obscur à la tempera
Cet effet prononcé d’ombres et de lumière est plus facile à réaliser à l’huile, mais comme expliqué ci-dessus, il est parfaitement possible avec la tempera à l’œuf également.
La tempera à l’œuf est un médium lumineux (voire le plus lumineux)
Il peut l’être quand on l’utilise d’une certaine manière : transitions ombres/lumières ; valeurs de contrastes ; glacis ; travail de pigments lumineux. En utilisant ces techniques, les autres médium apparaissent lumineux eux aussi. Si vous négligez ces préceptes – à la tempera ou avec d’autres médiums – le résultat ne sera pas particulièrement lumineux.En d’autres termes, la luminosité est plus une question visuelle et technique qu’une propriété intrinsèque du médium. Grâce à la mise en œuvre habituelle de la tempera, ce médium paraît généralement lumineux, mais ce n’est pas forcé.
La peinture à l’huile est meilleure que la tempera
Comme vu ci-dessus, certains effets sont plus faciles à obtenir avec de l’huile. Mais il y a d’autres choses que la tempera fait particulièrement bien : lignes fines et précises ; couches nombreuses vite sèches (comme les glacis qui contribuent à la luminosité) ; effets d’imitation et de textures (bois, pierre) ; motifs linéaires.De nombreuses raisons expliquent la préférence moderne pour l’huile : un intérêt pour le réalisme et les effets tri-dimensionnels (deux choses que la tempera peut offrir, mais que l’huile rend plus faciles) ; la matérialité de l’huile (contre la qualité plus éthérée de la tempera) ; un accès plus aisé aux outils et matériaux de la peinture à l’huile, ainsi qu’à des cours et des informations ; l’immédiateté de l’usage de l’huile (en tube tout prêt contre une préparation à base de matériau brut pour l’œuf). L’huile est un médium merveilleux, mais il n’est pas intrinsèquement « meilleur » que la tempera.
A propos des matériaux et de leur MISE EN ŒUVRE
La tempera à l’œuf est un médium toxique
En réalité, le liant de la tempera est le jaune d’œuf : une substance alimentaire, non toxique. Son solvant est l’eau, également tout à fait inoffensive (contrairement aux solvants de l’huile qui contiennent tous des composés organiques volatils (COV) toxiques à des degrés divers).Les pigments utilisés en tempera sont identiques à ceux des autres techniques. Par exemple, le cadmium orange est pareil en huile, acrylique, aquarelle ou tempera. Les pigments s’échelonnent de non-toxiques à poisons violents et pénètrent l’organisme de trois manières : absorption cutanée, ingestion par la bouche ou inhalation. Cette dernière s’applique seulement aux pigments en poudre. L’idée que la tempera est plus toxique que d’autres techniques vient probablement du fait que les artistes à la tempera travaillent avec des pigments en poudre.Trop de poussière de quelque sorte qu’elle soit est irritante pour les poumons, et l’inhalation est un véhicule pour les produits toxiques. Il convient donc d’être prudent lors de l’utilisation des pigments en poudre. On pourra transformer les pigments en pâte, en se protégeant d’un masque. Sous forme pâteuse, les dangers sont les mêmes qu’avec tout autre forme de peinture.
La tempera est un médium peu ou pas toxique
J’ai eu plusieurs élèves qui se sont tournés vers la tempera après avoir développé une allergie à la peinture à l’huile. Les différentes huiles siccatives (lin, oeillette, noix, carthame) ne sont pas toxiques ; ce qui fait réagir l’organisme sont les différents additifs (cobalt, plomb, résines dissoutes dans des solvants) et les solvants. Toutefois, comme mentionné au point 11, les pigments eux-mêmes peuvent être dangereux selon leur composition et la façon dont ils sont manipulés.
La peinture à la tempera nécessite des pinceaux à aquarelle kolinsky très onéreux
Puisque la tempera est une peinture aqueuse qui sèche au toucher en quelques secondes, on peut faire des lignes très fines. Les peintres du début de la Renaissance étaient peu intéressés par les effets naturels, atmosphériques ; ils profitaient de la finesse permise par la tempera et modelaient les volumes en hachures croisées. Les pinceaux rond en poil kolinsky (une variété d’écureuil) ont une pointe particulièrement effilée, pour peindre des lignes très fines, et sont donc généralement recommandés pour la tempera.Je préfère les pinceaux synthétiques, spécialement les Talkons, qui sont pointus mais peuvent aussi être modelées dans les doigts pour former un trait plus épais. J’applique aussi la tempera avec de larges pinceaux plats pour aquarelle, des pinceaux bon marché de grande surface de bricolage, des éponges de cuisine ou de maquillage, des tampons en caoutchouc, le bout de mes doigts, et tout autre outil qui me permette de réaliser l’effet ce que je veux obtenir. Un véritable kolinsky fonctionne bien avec la tempera mais n’est pas indispensable.
La tempera doit être réalisée sur panneau de bois recouvert d’un gesso véritable poli comme l’ivoire
La tempera à l’œuf devient cassante avec le temps, travailler sur support non flexible est donc important pour sa durabilité. Cependant, il n’est pas obligatoire que ce soit un panneau de bois. Le bois, la meilleure option à la Renaissance, a ses inconvénients : un grain qui peut transparaître sous la peinture, une sensibilité à l’humidité (qui cause des mouvements et des craquelures). Les panneaux d’aluminium ou de plastique pourraient être de meilleurs supports pour la tempera : des essais sont en cours. Il est aussi possible de peindre à la tempera sur papier ou parchemin, pour autant que ces surfaces soient relativement rigides (montées sur un support ou reliées dans un livre) et que la peinture soit appliquée en fine couche.Que la tempera doive absolument être appliquée sur un véritable gesso à la colle demeure incertain. L’expert en matériaux George O’Hanlon pense que la tempera peut être élaborée de façon à adhérer à une grande variété de surfaces, y compris sur des fonds acryliques polymères. Selon mon expérience, la qualité absorbante du vrai gesso permet les meilleures conditions de travail pour la tempera, et je ne suis pas encore convaincue que la tempera se comporte bien et adhère à d’autres fonds. Des expériences sont prévues pour tester la viabilité des fonds non-traditionnels.Poncer le gesso jusqu’à un poli d’ivoire était indispensable pour les artistes de la Renaissance, qui voulaient que leur surface dorée à la feuille imite le métal véritable. Une surface de gesso satinée et polie est agréable pour peindre, mais n’est pas une nécessité technique, à moins de vouloir imiter l’aspect de l’or.
On peut mélanger n’importe quelle poudre colorée avec du jaune d’œuf pour faire de la peinture à la tempera
Techniquement, c’est vrai. Mais si vous voulez que votre peinture dure dans le temps, vous devez utiliser des pigments qui sont chimiquement stables et résistants à la lumière. Beaucoup de très jolies couleurs organiques à base de plantes se délavent, parfois très rapidement. La betterave par exemple, produit un merveilleux jus rouge mais si vous l’utilisez comme pigment, cette couleur ne dure pas.Il est important également de connaître la toxicité d’une couleur. Je recommande d’acheter ses pigments auprès de maisons reconnues et sérieuses, vous pourrez connaître leurs propriétés et mieux les appréhender. Si vous voulez fabriquer vos propres pigments, un bon point de départ sont les terres locales, qui ne sont pas organiques et plutôt stables (mais elles ont besoin d’être rincées pour enlever les impuretés avant usage).
Il faut broyer les pigments avant de les utiliser
Il y a une différence entre broyer un pigment et le disperser. Un bloc de terre ou un caillou de lapis-lazuli sera broyé en poudre dans un mortier. Un pigment en poudre venu de votre magasin d’art a déjà été broyé exactement à la bonne finesse (la plupart des pigments ont une finesse de broyage idéale, si les particules sont trop fines, certains perdent de leur coloration). Vous ne devez pas broyer proprement dit un pigment du commerce : vous devez le disperser (ou le mouiller), soit dans de l’eau pour le transformer en pâte, soit dans du jaune d’œuf pour faire de la peinture à la tempera. Une plaque et un pilon de verre (ou une meule mécanique) sont les meilleurs outils pour la dispersion, mais un couteau à palette fonctionne également. Plus les particules de pigment sont grosses (comme dans les terres) plus le pigment paraît granuleux pendant le meulage ; des poudres plus fines sont moins difficiles à disperser correctement.
Pour faire une pâte à base de pigment, il faut mélanger de l’eau et de la poudre dans un bocal en secouant vigoureusement
Pour y arriver en secouant, il vous faudra ajouter vraiment beaucoup d’eau, tellement que vous ferez un liquide pigmenté en lieu et place de pâte. Ajoutez juste assez d’eau pour faire une pâte, et remuez plutôt que de secouer.
Plus l’œuf est frais, plus la membrane du jaune sera solide
Il semble en effet que la membrane des œufs plus vieux ait tendance à se rompre. Cependant, je travaille avec des œufs juste pondus par les poules d’un voisin, et parfois eux aussi ont une membrane fine, prompte à se déchirer. La membrane n’est pas une preuve certaine de la fraîcheur d’un œuf.
Les œufs bruns sont meilleurs que les blancs
Je ne peux ni infirmer ni confirmer cette idée. Je peux juste dire qu’ayant travaillé avec des centaines d’œufs des deux couleurs, je n’ai jamais remarqué de différence.
Il y a une proportion précise d’eau et de jaune d’œuf qui donne un bon médium
Les textes sur la tempera donnent souvent des proportions précises ; elles varient entre 2 à 9 volumes d’eau pour un volume de jaune. En fait ce rapport est variable et dépend de l’artiste (quel genre de médium il préfère) et de la nature spécifique du jaune (plus ou moins riche).L’eau du médium s’évapore, finalement. L’eau n’est pas le liant ; c’est plutôt un véhicule ou un solvant qui liquéfie le médium et vous aide à travailler la peinture. En fait, vous pouvez ajouter autant d’eau que vous le désirez afin de créer un médium et une peinture dont les propriétés vous conviennent (liquide, épaisse ou entre les deux). En plus de cela, tous les jaunes ne sont pas pareils, certains demanderont plus d’eau et d’autres moins pour obtenir la bonne consistance de médium. Plutôt que de mesurer, il est préférable de mélanger un médium qui vous semble correct par rapport à vos besoins.En tempera, le ratio important est celui de l’œuf par rapport au pigment. Cette proportion est plus ou moins une part de jaune pour une part de pigment, sans tenir compte de la quantité d’eau utilisée dans votre médium ou dans votre pâte de pigment.
On peut ajouter du vinaigre dans le médium
Le vinaigre peut conserver le jaune d’œuf et améliorer la dispersibilité dans l’eau de certains pigments (comme l’alizarine). Toutefois, son acidité peut détériorer certaines couleurs (le bleu outremer par exemple). Je n’utilise pas de conservateur dans mon médium. Avec une température normale dans l’atelier, le jaune d’œuf dure bien un ou deux jours (les jours de canicule, je place mon pot de médium dans un récipient avec de la glace pendant que je peins). Je garde mon médium au frigo entre les sessions de travail, et je casse un nouvel œuf si nécessaire. Il n’y a que peu de couleurs qui demandent un additif pour la dispersion aqueuse ; pour ceux-là, j’utilise quelques gouttes de fiel de bœuf ou un autre agent mouillant.
Plus on met de jaune dans le glacis, plus celui-ci semblera brillant et éclatant
La principale fonction du jaune d’œuf est de lier les pigments entre eux et sur la surface peinte. Utiliser de grandes quantités d’œuf n’améliorera pas l’éclat. Au contraire, cela va créer une surface gommée sujette aux craquelures. Ce n’est pas le médium qui crée les belles couleurs, ce sont les pigments. Quel que soit le médium, un bon glacis est celui dans lequel une fine couche transparente de couleur est dispersée uniformément. Le médium (en tempera, eau et jaune d’œuf), dilué à la bonne consistance, n’est que le moyen d’y parvenir.Si une tempera n’est pas assez dosée en œuf, on peut éventuellement appliquer une couche de médium dilué (une « couche nourrissante ») pour améliorer la solidité, augmenter la saturation et changer la transparence de certains pigments. Mais trop de ces couches nourrissantes provoquent des problèmes, n’en abusez pas.
La peinture à la tempera sent mauvais
Seulement si vous travaillez avec un œuf pourri. Gardez votre médium frais, placez-le au frigo quand vous ne l’utilisez pas, cassez un nouvel œuf frais quand nécessaire ; et assurez-vous que les pinceaux, les éponges et les compte-gouttes (particulièrement le bout) sont nettoyés après chaque usage. Ne mettez pas la tempera en tube : cela va sentir mauvais très rapidement.
Les peintures à la tempera en tubes du commerce sont identiques aux mélanges faits maison
Les tubes de « tempera à l’œuf » sont en réalité des « tempera grassa », une émulsion de jaune d’œuf et d’huile siccative (généralement avec des additifs comme des conservateurs et des stabilisateurs). La tempera grassa possède certaines caractéristiques à la fois de la tempera à l’œuf et de la peinture à l’huile ; c’est un médium parfaitement valable. Cependant il ce n’est pas la même chose que la vraie tempera au jaune d’œuf faite maison, et elle se comporte différemment.
On commence une tempera avec un dessin sous-jacent à l’encre et/ou une ébauche à la terre verte
Les méthodes systématiques des peintres traditionnels n’étaient pas arbitraires ou pour le plaisir de la difficulté ; elles aidaient les peintres à prendre les bonnes décisions visuelles. Par exemple, un bon placement des valeurs est indispensable à une bonne peinture. C’est pourquoi la plupart des méthodes classiques comprennent une étape monochrome, comme le dessin à l’encre et l’ébauche de terre verte des artistes de la Renaissance. L’encre est également un bon moyen d’établir les valeurs foncées d’une composition (qui sont un peu délicates à élaborer en tempera). Une ébauche à la terre verte contribue aux demi-tons froids des carnations, un autre point important dans l’esthétique ancienne. En fait, la méthode traditionnelle pour travailler à la tempera est efficace si vous aspirez à un résultat classique. Mais si vous ne recherchez pas ce résultat, ni l’encrage ni la couche de terre verte ne sont nécessaire.Il est aussi possible d’atteindre une esthétique classique avec des méthodes de travail modernes. Un exemple : je ne fais pas d’encrage préalable pour établir les valeurs ; à la place, je scanne mon dessin préparatoire en couleurs sur l’ordinateur, et je le convertis en image noir et blanc. Je n’utilise pas d’encre pour construire mes couleurs sombres, parce que je peux rapidement les obtenir en passant plusieurs couches foncées avec une éponge, une autre approche non conventionnelle mais efficace. Aussi performantes qu’elles soient, les techniques de l’icône ou des peintres de la Renaissance ne sont pas les seuls moyens d’élaborer une peinture à la tempera.
Les couleurs ne devraient pas être mélangées entre elles sur la palette
Grâce à la chimie moderne, le peintre d’aujourd’hui peut choisir dans une large gamme de pigments intenses. Les tons purs étaient plus difficiles à obtenir dans les années 1400. Par conséquent, les artistes de la Renaissance hésitaient à mélanger un onéreux lapis bleu profond avec une couleur de terre commune et bon marché. De plus, les anciens croyaient en un univers organisé en hiérarchies par la volonté divine : les sexes étaient séparés, les races ne devaient pas se mixer, rois et paysans étaient distincts pour l’éternité et, selon certains textes égyptiens et médiévaux, les couleurs ne devaient pas se mêler. Pour des raisons à la fois pratiques et philosophiques, les premiers peintres à la tempera plaçaient les pigments dans des cavités séparées sur la palette et ne pratiquaient que le mélange optique, en appliquant des couches successives de différents tons purs. Ces glacis de couleur pure sont toujours une option pour le peintre moderne. Mais c’est très bien aussi, si désiré ou nécessaire, de mélanger les couleurs directement sur la palette avant de les appliquer sur la peinture.
La tempera est appliquée en hachures. Les volumes sont modelés par des hachures
La tempera permettant de faire des lignes très fines, elle est tout à fait adaptée à la technique de hachures et les effets tridimensionnels sont souvent traités de cette façon. Mais il y a d’autres manières d’appliquer la tempera : traits larges au pinceau plat, flaques de couleurs en lavis, nuagés à l’éponge. Je travaille les modelés avec une combinaison de couches à l’éponge et de larges traits de pinceau, appliqués si finement qu’ils ne laissent virtuellement aucune trace derrière eux.
Les peintures à la tempera ne devraient pas être vernies
Une tempera à l’œuf complètement sèche peut être polie au chiffon pour obtenir un doux brillant « coquille d’œuf » incomparable avec d’autres techniques. De nombreux peintres de tempera promeuvent (parfois avec zèle) cette finition uniquement. Un vernis altère l’apparence de la tempera : les couleurs et valeurs apparaissent plus saturées et on peut obtenir un aspect mat, satiné ou brillant. Un vernis offre une protection mais il peut réagir avec la peinture s’il est appliqué trop tôt ; il peut aussi jaunir (plus ou moins selon le vernis utilisé) avec le temps. En d’autres termes, il y a du pour et du contre au vernissage, comme il en existe au fait de ne pas vernir.
Une peinture à la tempera doit être encadrée sous verre
Une tempera à l’œuf prend environ 3 à 6 mois pour sécher, ou polymériser (en fonction des couches de peinture, des conditions de séchage, etc). Avant cela, la surface est vulnérable aux griffes. Une fois sèche, elle est plus solide. Le verre offre une protection, mais d’un autre côté il enferme l’humidité et peut favoriser les moisissures. De tous les dangers qui guettent une tempera, l’eau est sans doute le pire. Il affecte négativement tous les éléments de la peinture (support, préparation, peinture, vernis) et compromet sa durabilité. Tout travail d’art est fragile et doit être traité avec soin, et la tempera à l’œuf ne fait pas exception. Je recommande une manipulation précautionneuse et pas de verre plutôt que les risques d’humidité que la mise sous verre entraîne.
La tempera demande beaucoup de travail. C’est un médium très difficile
C’est une vérité, qui tend à être sous-évaluée. Cela prend du temps de fabriquer de la peinture à partir de matériaux bruts, jour après jour, spécialement si vous êtes débutant. Cela prend du temps d’équiper un atelier avec des matériaux peu familiers et de se familiariser avec eux. La somme de savoir-faire que demande la tempera rend la courbe d’apprentissage plus longue que d’autres médiums qu’on peut trouver en magasin. Dans le flot de nouvelles informations à assimiler, le débutant a tendance à oublier que l’étude et la pratique régulières entraînent la connaissance, l’habileté et l’efficacité. Après des années de travail à la tempera, mon atelier est bien équipé, je comprends ce médium, et il me faut une infime fraction du temps auparavant nécessaire pour préparer ma palette avant une journée de travail. Et le nettoyage est rapide, facile et non toxique.Tous les médiums ont leurs aspects frustrants, et la tempera ne fait pas exception. Mais quand vous trouvez un médium qui correspond à votre nature et à votre but, il semble généralement sensible et bien adapté. La tempera, en grande partie, est une technique délibérément lente, hiérarchisée et méditative. Elle ne convient pas à tout le monde, mais pour ceux qui l’adoptent, la tempera donne du sens au monde. Particulièrement si vous dépassez les idées fausses qui limitent inutilement son potentiel.

 

mail  misenscenevinci@gmail.com

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